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Cette semaine, notre rendez-vous hebdomadaire sera consacré à une expression de la langue française. C'est au cours de recherches sur internet que je l'ai croisée... Et je l'ai aussitôt trouvée amusante sans en comprendre toutefois immédiatement  le sens !

fraise

Pour peu que l'on soit un petit peu gastronome, chacun sait ce qu'est la fraise de veau...  C'est une membrane qui entoure l'intestin du veau, que l'on lave et que l'on fait cuire à l'eau bouillante... on peut la manger par exemple en andouillette et elle a cet aspect là :
Fraise_et_pansette_de_veau

.... euh, sans commentaire....


En ce sens, le mot fraise n'a donc rien avoir avec les jolis fruits rouges de nos fraisiers mais provient d'un verbe du latin populaire "fresare" qui signifie "dépouiller de son enveloppe"...

Bon, tout ceci ne m'explique toujours pas cette mystérieuse expression.... J'y viens, j'y viens ...

Le terme "fraise" a donné par analogie de forme son nom aux fameuses collerettes à la mode au XVIème siècle...


A la fin du XVIème siècle, ces collerettes étaient portées par les nobles ou les bourgeois et étaient devenues très imposantes,  comme en témoigne ce portrait de l'infante Isabelle par Rubens.

440px_Isabella_Rubens

C'est ainsi que cette mode sera tournée en dérision lors d'un charivari à la foire de Saint-Germain en 1579 : des étudiants, affublés de grandes collerettes de papier autour de leur cous, semblable à celles que portaient Henri III et ses courtisans, défilèrent en criant :

" A la fraise, on reconnaît le veau !"

C'est donc grâce à cette expression que le peuple se moquait des bourgeois et des nobles portant collerettes.... Il semble que ce roi sans humour les ait fait emprisonner !

Allez, je vous mets au défi de l'utiliser au moins une fois cette semaine dans une conversation !