C'est un grand jour. C'est le jour du mariage d'Anna. Tout doit être parfait et merveilleux comme il se doit d'un mariage.

C'est aussi un grand jour pour Sonia qui marie sa fille. Il faut essayer d'être à la hauteur. Et la tâche est difficile. Car Sonia est une femme un peu fantasque, un peu bohème. Et Anna aime que tout soit réglé comme du papier à musique, surtout aujourd'hui. Alors Sonia va faire avec. Avec le chignon, avec les talons, avec la robe, avec l'anxiété de ne pas être à sa place.

" J’aurais souhaité être sage le jour du mariage de ma fille, par là, je veux dire ne plus avoir peur du lendemain, regarder mon passé et sourire, attendre l’avenir sans angoisse, avoir accompli ce dont j’avais envie, ne pas être envieuse de qui que ce soit, de quelque situation que ce soit, avoir un homme séduisant à mes bras, assez d’assurance pour pouvoir rire aux éclats et faire rire les autres, j’aurais voulu avoir assez de recul sur ma propre vie pour encourager ma fille, mais non, je ne suis pas tout cela, je n’ai pas tout cela. Quand je sors de sa chambre ce 21 avril, il est sept heures à peine et la vieillesse soudain m'attend à la porte"

Car dans cette relation mère-fille on ne sait plus très bien qui tient le rôle de la mère et celui de la fille. Anna est si grave et sérieuse ! et Sonia tout son contraire... de quoi se remettre en question au matin de ce grand jour.

"  Une mère ne fait pas cela. Une mère est une sainte, tout le monde le sait. Elle donne des conseils avisés, dit les bonnes choses au bon moment, est pleine de douceur et d'amour, cuisine de bons petits plats dont, plus tard, elle donnera les recettes dans un cahier jauni à spirale et avec sa jolie écriture ( forcément, une mère ça écrit bien, propre, déliés, attachés, courbés liés, les mots comme des gestes d'une infinie tendresse), elle intitulera les recettes, donnera les ingrédients exacts, des tuyaux pour ne pas rater telle sauce, les petits trucs qui feront que ce serait une recette tenue par une mère."

Et c'est toute son éducation sur laquelle va s'interroger Sonia... elle qui a élevée seule cette fille avec toute la maladresse qui la caractérise. Elle revient sur son passé, sur les choix qu'elle a fait.

J'ai beaucoup aimé ce portrait de femme car il met à nu toutes les interrogations que l'on peut se poser quand on est mère. Que transmet-on à nos enfants? A-t-on fait les bons choix, les bons gestes, les bons sourires? A-t-on dit les bons mots?

Et puis, Sonia n'est pas qu'une mère, elle est aussi une femme, avec ses envies de femme de 42 ans, ses péchés mignons, son désir des hommes. Et si le titre annonce "la noce d'Anna" c'est le personnage de Sonia qui est le plus développé, dans toutes ses ambiguités : le mariage de sa fille est un passage pour toutes les deux. Ne fera-t-il que les séparer encore plus ou permettra-t-il d'enfin rapprocher ces deux caractères qui s'opposent?

la_noce_danna

Les avis tous unanimes d'Abeille, de Theoma, Clarabel, et Bel gazou.