Notes de Chevet

Choses qui font battre le coeur...

10 novembre 2009

Benoite Groult, Mon évasion

916888_gf

Je ne sais si beaucoup de lecteurs côtoient Benoîte Groult. Non parce qu'elle n'est pas connue, mais parce que c'est une auteure discrète dans le monde littéraire français.

Quoiqu'il en soit j'ai découvert un jour Benoîte Groult dans la bibliothèque maternelle et ses écrits m'ont marqué et m'ont construite en tant que femme.

C'est donc tout naturellement que je viens de me plonger dans son dernier livre qui est une autobiographie. A l'aube de ses 88 ans Benoîte Groult y fait le bilan de sa vie. Elle raconte sa jeunesse, marquée par la difficulté à être femme telle que l'entendaient ses parents ; le cocon familial étonnant et intellectuel qui l'entourait ; la honte de n'être qu'une simple "enseignante", métier dévalorisant et inapte à lui trouver un "bon mari" ... Elle évoque les différents hommes de sa vie : Pierre Heuyer, le mari si jeune et qui fait d'elle une veuve très tôt ;  Georges de Caunes mais aussi Paul Guimard. A fur et à mesure des années elle devient enfin la femme qu'elle désirait être, elle apprend la liberté à travers la découverte du féminisme.

Mais c'est surtout sur ses oeuvres, leur génèse et leur réception ( par un public bien souvent masculin) qu'elle revient. et c'est de loin la partie la plus intéressante de cette autobiographie.

Les entretiens avec Josyane Savigneau sont éclairants. Elle raconte alors comment elle en est venue à écrire Ainsi soit-elle, sans savoir alors que " ce serait un manifeste féministe" , rappelle ses débuts en littérature avec sa soeur Flora à l'occasion de la sortie de leur Journal à Quatre mains, répond à la critique qui avait jugé "pornographique " un de ses plus beaux romans : Les Vaisseaux du coeur.

Toujours libre, toujours engagée, toujours fidèle à ses idéaux, j'ai retrouvé la Benoîte Groult que je connais déjà depuis longtemps. Cette autobiographie ne m'a guère surprise puisque j'y ai retrouvé les idées, les anecdotes et les grands traits de la vie de cette auteure que j'affectionne.  J'ai eu plaisir à la retrouver. C'est pourquoi, à celles et à ceux qui ne connaissent pas encore Benoîte Groult  je leur conseille vivement de  la découvrir d'abord à travers   ses autres livres :

Journal à quatre mains : de Benoîte et Flora Groult.

913163_gfRésumé éditeur : "Donc il y avait une fois, au 44 de la rue Vaneau, une brune et une blonde. C'était en 1940." La brune c'était Benoîte Groult, la blonde, sa sœur Flora, de quatre ans sa cadette. De 1940 à 1945, depuis la Drôle de guerre jusqu'à la Libération, ces deux adolescentes bourgeoises tiennent un journal à quatre mains. Une traversée des années noires où le regard convenu et naïf des jeunes filles rangées s'ouvre à une tout autre réalité, celle du marché noir et des rafles, de la répression et de la TSF clandestine. Mais aussi au vent nouveau qui commence à souffler, à la vie nocturne et aux premières amours. Un témoignage d'une sensibilité toute féminine sur la France occupée"

Le récit de la guerre à travers les regards différents mais complémentaires de deux soeurs. J'ai particulièrement apprécié l'alternance des voix.

Ainsi soit-elle.

ainsi_Résumé éditeur : " On a longtemps pris la parole de l'homme pour la vérité universelle et la plus haute expression de l'intelligence, comme l'organe viril constituait la plus noble expression de la sexualité. Il faut que les femmes crient aujourd'hui.- Et que les autres femmes - et les hommes - aient envie d'entendre ce cri. Qui n'est pas un cri de haine, à peine un cri de colère, car alors il devrait se retourner contre elles-mêmes. Mais un cri de vie. Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes, d'avoir vécu chaque étape et chaque acte de notre vie avec les yeux des hommes et les critères des hommes. Et ce n'est pas en continuant à écouter ce qu'ils disent, eux, en notre nom ou pour notre bien, que nous pourrons guérir."  B. G

Mon livre culte, tout simplement, en temps que personne du sexe féminin. Ou comment le féminisme peut se penser et se vivre dans le plus grand respect de l'Homme.

Les Vaisseaux du coeur:

vaisseauxRésumé éditeur : " Exhortation provocante, triomphante, à la passion physique capable de balayer toutes les différences sociales, culturelles, les entraves conjugales, l'éloignement, le temps, Les Vaisseaux du cœur de Benoîte Groult est la plus fabuleuse des histoires d'amour. (Claire Gallois, Le Magazine littéraire.)
Elle a osé appeler un chat un chat, et ce roman n'a pas fini de faire scandale (...). Pourtant, ne croyez surtout pas qu'il s'agisse d'un roman leste". C'est tout simplement une superbe histoire d'amour.
(Danièle Mazingarbe, Le Figaro Madame.)

Un des plus beaux romans d'amour que j'ai lu, sans faux-semblant.

Les Trois Quarts du temps.

les_troisRésumé éditeur :  Un roman qui porte sur une période de soixante-dix ans n'est plus un roman mais plusieurs. Il commence par une nuit de noces en 1913, celle d'Hermine, une femme peintre qui connaîtra la célébrité. Il se poursuit par la naissance de sa fille Louise, en 1918, puis par les...trois quarts de la vie de Louise. Ecrasée par la personnalité de sa mère, Louise ne parvient pas à savoir qui elle est et ce qu'elle veut. Elle épouse en 1944 un étudiant en médecine qui mourra de tuberculose. Le remariage de Louise, la naissance de trois filles, son travail de journaliste, la découverte de sa vocation : autant de jalons de cette longue marche à la recherche de soi-même, de son identité. A travers le destin de trois générations, c'est le destin de la femme que l'auteur nous dévoile. Le couple, le rapport mère-fille, le travail, la création, le besoin d'émerger du carcan qu'imposent une époque, une éducation : tout ce qui fait les bonheurs et les difficultés de la vie d'une femme est vécu par les héroïnes du roman.  Les Trois Quarts du temps dégage un optimisme profond, un goût de vivre, une complicité dans les relations humaines où le lecteur puisera, au-delà du plaisir de lire un vrai roman, l'occasion de réfléchir à sa propre existence.

L'histoire de trois générations de femmes dans laquelle je me suis retrouvée ainsi que ma  mère et ma grand-mère.

Posté par Gio1102 à 11:22 - autobiographie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2009

L'invitation au voyage

Me voici de retour avec pas moins de 2000 photos de voyage... Je vous en fais grâce mais vous en fait profiter de quelques-unes, histoire de vous faire rêver...

L'hôtel :

IMG_3845

IMG_3907

La plage :

IMG_2099

Les piscines :

IMG_3043

IMG_2105

Quelques vues des temples :

IMG_2719

IMG_2800

IMG_2990

IMG_3740

Statues imperturbables :

IMG_3337

IMG_3355

IMG_3605

Un spectacle de Barong :

IMG_2453IMG_2549IMG_2623

IMG_2605

Les rizières :

IMG_3712IMG_3737

IMG_3266

Sourires balinais :

IMG_2796

IMG_3812

IMG_2909

IMG_3302

et notre guide Mario :

IMG_3660

qui s'est vraiment décarcassé pour nous, toujours de bonne humeur et que je recommande vivement.

Mario Nengah Urip - mariourip@yahoo.com 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

Posté par Gio1102 à 08:45 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2009

Blog en Vacances...

bali

Petite pause ressourçante pour le blog Notes de chevet...

Je vous laisse quelque temps pour aller visiter l'île des Dieux.

bali_tanah_lot

A l'heure qu'il est je suis déjà dans l'avion... et comme il y a 14 heures de trajet  j'ai du temps pour lire et j'aurai de quoi écrire de nouveaux billets à mon retour !

A bientôt donc !

riziere_bali

   

Posté par Gio1102 à 12:30 - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2009

Le livre des choses perdues

Le livre des choses perdues, John Connolly.

livres_choses_perdues

Des A priori :

Disons-le tout net, ce livre avait tout pour me déplaire. D' abord, parce que c'est un livre catalogué "Jeunesse". Je vous entends d'ici... Il y a de bons livres jeunesse !!! Certes, et ce sont d'ailleurs ceux-là qui m'ont donné le goût de la littérature mais depuis... j'ai grandi... et quand j'ai éprouvé le désir de relire ce qui m'avait fait palpiter à 10 ans, j'ai été déçue !!! La relecture n'était pas à la hauteur des souvenirs. Ensuite, j'ai eu plutôt de mauvaises expériences quand j'ai voulu, non plus relire, mais faire de nouvelles découvertes plus "au goût du jour" pour mes élèves... Résultat : j'ai abandonné la littérature jeunesse depuis quelque temps déjà...

Deuxièmement , le sujet ne me tentait pas vraiment ... Le résumé éditeur :

Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, 12 ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et oublier la naissance de Georgie, son demi-frère.

Une nuit, alors que depuis quelque temps, déjà, des phénomènes étranges se produisent, David croit entendre la voix de sa mère. Il la suit et découvre un passage caché derrière des buissons, au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de Sires-Loups, de créatures hybrides et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire…

Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre, pièges à déjouer… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux, Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait à David de regagner le monde réel.

Mais l’Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l’entend pas ainsi. Il a pour lui bien d’autres desseins…

ne m'avait pas non plus fait tressauter de joie... Mis à part la mention que le personnage se réfugie dans les livres pour échapper à sa réalité le reste me paraissait un peu trop appartenir au genre heroic-fantasy pour moi : des loups-garou, des créatures, des mondes parallèles... Bof bof... ( et pourtant, j'adore ça en BD...contradictions? )

Pourquoi ai-je finalement lu ce livre?

Première raison et non des moindres, ce livre était proposé par Blog-O-Book... un dimanche après-midi où j'étais ( pour une fois) devant mon ordinateur... Du coup, j'ai presque eu l'impression de gagner à un jeu quand j'ai demandé le livre...

Deuxième raison : Le titre ... qui LUI m'a vraiment interpellé.

Troisième raison : La couverture : ce que l'on peut être matérialiste parfois ...

Bref... Je n'aurais pas du croiser ce livre et pourtant je me suis fait une gageure de participer à ce partenariat.

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Ce que j'en ai pensé :

Le début du livre ( qui reste ancré dans la réalité ) fait preuve de sensibilité et est bien vu. Les états d'âme d'un petit garçon qui voit sa mère mourir à petit feu. Ses petits  rituels qu'il instaure dans l'idée de la sauver,  son évident échec, le remariage de son père soulèvent bien des questions et des problèmes de l'enfance ( la relation aux parents, la place de l'enfant dans une famille, la naissance du petit-frère ...) Ensuite, le fantastique fait son apparition par l'intermédiaire des livres . Les voici qui chuchotent, qui parlent entre eux... L'entrée dans l'étrange est donc très progressive et se passe en douceur. Et nous voici de l'autre côté du miroir...

Ensuite, mon plaisir dans l'avancement de cette lecture a été très irrégulier. Je me suis tout simplement régalée grâce aux références intertextuelles du livre : les contes les plus connus sont remaniés et revisités pour expliquer les différents mondes de cet univers parallèle. Ainsi, les Sires-Loups sont une espèce née de l'union du petit Chaperon rouge et du loup  ( parce que voyez-vous, Perrault nous a vraiment raconté n'importe quoi ! !!!) Sont convoqués alors "Haensel et Gretel" mais aussi "Blanche-Neige et les 7 nains" et d'autres récits qui viennent d'encadrer et se relier au récit principal... Une chose est sûre : Plus jamais je ne relirai  Blanche-Neige avec le même regard !!!! ... Ni  Karl Marx non plus d'ailleurs...        J'ai ri aux éclats à bien des moments...

Parfois, je me suis même dit que ce livre n'était vraiment pas un livre "jeunesse" d'ailleurs. On touche parfois du doigt à des sujets sensibles : les relations sexuelles, l'homosexualité et la pédophilie sont évoquées assez clairement pour qu'on n'en puisse pas douter.  Quant aux références au communisme seront-elles vraiment comprise par un public assez jeune?   Je suis curieuse de savoir à quel âge-cible  est destiné de livre.

Tout au long de ma lecture je me suis donc attachée à ce qui ne faisait pas forcément l'essentiel du texte :  l'enchaînement des aventures du jeune héros. Une longue suite d'épreuves en tout genre.( loups, ennemis, vampires ...)  Peu importe : j'y ai souvent trouvé mon compte.

  Enfin, j'ai nettement été déçue par la fin du livre qui était sans aucune surprise...

C'est donc une lecture assez emballée mais aussi un peu mitigée que je vous livre là. Avec une tentatice de réconciliation avec la littérature jeunesse plutôt réussie. Et d'ailleurs, qu'est-ce que la littérature jeunesse?

D'ailleurs ce livre a la particularité d'être édité en version adulte et en version jeunesse.   Je serai curieuse de pouvoir comparer.

livres_choses_perdues2

logotwitter2

Merci encore aux éditions Archipel et à Blog-O-Book de m'avoir permis de participer à ce partenariat.

Un avis assez différent du mien sur le site d'Esmeraldae.

Posté par Gio1102 à 06:00 - Littérature jeunesse - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2009

Les femmes qui écrivent vivent dangereusement

Madame de Genlis, La femme auteur.

femme_auteur

Deux soeurs, deux femmes, deux destins.

Dorothée, jeune femme heureuse dans son mariage, prudente et sérieuse.

Nathalie, rapidement veuve, extrêmement curieuse, frivole, amoureuse des arts et qui trouve dans l'écriture une occupation distrayante.  Mais, encore au XIXème siècle, l'écriture est une activité presque exclusivement masculine, et, comme la met en garde sa soeur :

" La condition des femmes est, ainsi que toutes les autres, heureuse quand on a les vertus qu'elle demande ; malheureuse, quand on se livre aux passions violentes, à l'amour qui nous égare, à l'ambition qui nous rend intriguantes, à l'orgueil qui nous corrompt et nous dénature. L'homme qui désirerait être une femme serait un lâche, la femme qui voudrait pouvoir devenir un homme ne serait déjà plus une femme."

La suite du roman offre tout ce que l'on attend d'une intrigue amoureuse  : un trio, deux femmes amoureuses, un homme qui ne sait qui choisir et se montre dans toute sa lâcheté ... une société perverse,  vivant de stratagèmes et de mensonges.  L'intrigue amoureuse se savoure mais  la conclusion est sans surprise. Nathalie, ne pouvant choisir entre l'amour d'un homme et son talent d'écrivain sera brisée par cette société.

Le récit de Madame de Genlis  est donc une belle démonstration de la difficulté des femmes à être traitées à l'égal des hommes. Nathalie est son double. Le  roman, d'inspiration autobiographique,évoque les propres difficultés de l'auteur à se faire une place dans une société dominée par les hommes.

Preuve en est : Madame de Genlis semble être une grande oubliée de   la littérature française.    J'avoue personnellement n'avoir jamais entendu parler d'elle jusqu'à présent. Elle n'est pas enseignée dans les classes. Elle n'apparaît pas dans les anthologies. Et pourtant...

genlisNée Caroline Stéphanie Félicité du Crest en 1746 elle fait preuve de talents dans bien des domaines :  Douée pour la musique, elle s'occupa de l'éducation des enfants d'Orléans. Elle fait preuve d'innovation en matière de pédagogie : ainsi les langues vivantes sont enseignées par la discussion : les cours de jardinage ont lieu en allemand, les conversations du dîner sont faites en anglais,  le souper est consacré à l'italien. Elle inventa aussi des séries d'exercices de gymnatisques et forme ainsi  des   " esprits  sains dans des corps sains". Elle refusera un siège à l'Académie française.

Merci aux éditions Folio de lui avoir rendu hommage en la rendant accessible au grand public dans leur édition à 2 euros !    

J'en profite pour signaler que le titre de mon article fait référence à un autre livre qui fait honneur aux femmes écrivains et leur redonne toute la place qui leur est due:

51m3doI1qdL__SS500_

Laure Adler et Stefan Bolemann, Les femmes qui écrivent vivent dangeureusement.

Présentation de l'éditeur.

Pendant longtemps, la majorité des femmes surent lire, mais pas écrire, l'écrit restant, dans la répartition traditionnelle des tâches entre les sexes, la chasse gardée des hommes. Quand elles accédèrent enfin au droit à l'écriture, elles durent mener une lutte encore plus longue, celle de la reconnaissance de leur production écrite. Alors que la plupart de ces femmes aspiraient à une vie sans contrainte, où elles auraient pu exprimer librement leur art, les obstacles qui ne cessèrent en effet de se dresser devant elles
- trouver du temps pour écrire constituant déjà une tâche en soi - les vouèrent à un anticonformisme qui les mettait en danger. À ces contraintes sociales s'ajouta une contrainte intérieure, une quête inconditionnelle d'authenticité qui, entravée, put les mener à la folie ou au suicide. Cet ouvrage dresse le portrait d'une cinquantaine de ces auteures, depuis le Moyen Age avec Hildegard de Bingen et Christine de Pisan, jusqu'à l'époque contemporaine avec Carson McCullers, Marguerite Yourcenar, Anaïs Nin, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Françoise Sagan - ou plus récemment Toni Morrison, Isabel Allende ou Arundhati Roy - en passant par les incontournables sœurs Brontë, George Sand, Colette, Virginia Woolf ou Karen Blixen.

Une beau livre à se faire offrir ou à offrir !

CHALLENGE_2_EUROS

Et voici mon premier Challenge 2 euros proposé par Cynthia réussi !

Posté par Gio1102 à 16:08 - Romans - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
Page suivante »